Associer berbérine et cannelle de Ceylan : cette combinaison est-elle efficace ?
⚡ EN BREF
Pris séparément, ces deux ingrédients aident à maintenir une glycémie normale. Un essai contrôlé contre placebo de 12 semaines portant sur l’association de la berbérine et de la cannelle chez des personnes atteintes de diabète de type 2 a mis en évidence une baisse de la glycémie à jeun, de l’HbA1c et du LDL (Mansour et al., 2025), bien qu’aucun essai n’ait comparé ce duo à chaque ingrédient pris isolément. Une méta-analyse de 37 essais incluant 3 048 personnes diabétiques de type 2 a montré que la berbérine réduisait la glycémie à jeun de 0,82 mmol/L et l’HbA1c de 0,63 point (Xie et al., 2022). Une méta-analyse de 2025 regroupant 28 essais sur la cannelle et 3 054 patients a quant à elle observé une diminution de la glycémie à jeun d’environ 15 mg/dL (de Moura et al., 2025). Les deux substances semblent agir par des voies distinctes, ce qui rend leur association cohérente sur le plan biologique. Reste à déterminer par des études dédiées si leurs effets s’additionnent réellement.
✅ POINTS CLÉS
La berbérine dispose du niveau de preuve le plus solide. Lors d’essais menés chez des personnes atteintes de diabète de type 2, elle a réduit la glycémie à jeun, l’HbA1c et l’insulinorésistance, tout en améliorant le profil lipidique. La cannelle de Ceylan bénéficie désormais de ses propres essais randomisés, dont une étude de 2025 sur le diabète de type 2 où un extrait de Ceylan a réduit la glycémie à jeun et l’HbA1c sur quatre mois. La variété de Ceylan est la seule recommandée pour un usage quotidien, car la cannelle Casse contient environ cent fois plus de coumarine ; les autorités sanitaires allemandes estiment d’ailleurs qu’un adulte de 60 kg atteint la limite quotidienne de sécurité en coumarine avec seulement 2 g de Casse environ. Cette association est pertinente pour les personnes présentant une glycémie limite qui modifient déjà leur alimentation et leur niveau d’activité physique. Toute personne sous traitement antidiabétique doit impérativement faire l’objet d’un suivi médical, car les effets hypoglycémiants des compléments peuvent s’ajouter à ceux des médicaments (Xie et al., 2022) (Guo et al., 2021).
Ce que la berbérine apporte à cette association
La berbérine constitue l’élément le plus puissant de ce duo. Au cours de 37 essais randomisés menés auprès de personnes atteintes de diabète de type 2, elle a abaissé la glycémie à jeun de 0,82 mmol/L, l’HbA1c de 0,63 point et la glycémie postprandiale à deux heures de 1,16 mmol/L, sans augmentation significative du risque d’hypoglycémie ou d’effets indésirables totaux (Xie et al., 2022).
Le mécanisme hypoglycémiant de la berbérine repose principalement sur la protéine kinase activée par l’AMP (AMPK), le capteur d’énergie central de la cellule. Lorsque l’AMPK est activée, les cellules musculaires captent davantage de glucose même si le signal de l’insuline est atténué, et le foie libère moins de glucose dans le sang. La berbérine inhibe également le complexe I de la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui augmente le ratio AMP/ATP et maintient l’AMPK active. Dans les méta-analyses, le résultat global se traduit par une baisse de la glycémie à jeun, une diminution de l’HbA1c et une amélioration de l’insulinorésistance (Xie et al., 2022).
Le bilan lipidique s’améliore en parallèle. À travers 46 essais portant sur le diabète de type 2, la berbérine a fait baisser les triglycérides, le cholestérol LDL et le cholestérol total, tout en augmentant le HDL (Guo et al., 2021). Cet effet sur les lipides semble indépendant de l’action sur le glucose : la berbérine augmente l’expression des récepteurs des LDL sur les cellules hépatiques, accélérant ainsi l’élimination du LDL sanguin par le foie.
L’intestin pourrait représenter une troisième voie d’action. Dans l’essai PREMOTE, la réduction de l’HbA1c induite par la berbérine a été associée à une bactérie spécifique, Ruminococcus bromii, et à sa transformation des acides biliaires (Zhang et al., 2020). La berbérine modifie le microbiote intestinal de manière à favoriser la production d’acides gras à chaîne courte et à réduire les endotoxines, ce qui pourrait participer à l’amélioration de la sensibilité à l’insuline. Cet axe de recherche reste récent et nécessite d’être reproduit.
Le profil de sécurité établi par les essais est rassurant. Dans la méta-analyse de 37 essais sur la glycémie, la berbérine n’a pas augmenté significativement le risque d’hypoglycémie, y compris lorsqu’elle était associée à des antidiabétiques oraux (Xie et al., 2022). Une revue parapluie de 11 méta-analyses publiée en 2023, englobant plusieurs milliers de participants, a confirmé ses bienfaits sur le glucose, les lipides et le poids corporel, tout en notant que les effets secondaires les plus fréquents sont d’ordre gastro-intestinal : principalement de la diarrhée et de la constipation (Li et al., 2023). Ces désagréments diminuent généralement en fractionnant les doses.
Une seconde méta-analyse portant sur 46 essais a observé une évolution similaire sur un ensemble plus large de marqueurs : baisse de l’HbA1c, de la glycémie à jeun, de l’insuline à jeun et du HOMA-IR, légère diminution de l’IMC, baisse des triglycérides et du LDL, hausse du HDL et amélioration des marqueurs inflammatoires (Guo et al., 2021). Une méta-analyse antérieure a apporté une précision utile : l’ampleur de l’effet sur le glucose variait selon la dose, la durée de la prise et l’âge (Liang et al., 2019).
Sur le plan mécanistique, la berbérine réduit la production hépatique de glucose par des voies impliquant l’AMPK et modifie le microbiote intestinal (Ilyas et al., 2020). Cette action intestinale est étayée par un essai d’envergure. Dans l’étude PREMOTE, 409 patients récemment diagnostiqués d’un diabète de type 2, répartis dans 20 centres chinois, ont reçu de la berbérine, des probiotiques, les deux ou un placebo pendant 12 semaines. La berbérine a réduit l’HbA1c plus que le placebo, et les analyses complémentaires ont relié cet effet à une bactérie intestinale précise, Ruminococcus bromii, ainsi qu’à son métabolisme des acides biliaires (Zhang et al., 2020).
Pour en savoir plus sur cette molécule, consultez nos guides sur la berbérine et la perte de poids et sur la comparaison entre dihydroberbérine et berbérine.
Les atouts de la cannelle de Ceylan — et pourquoi éviter la Casse
La cannelle de Ceylan (Cinnamomum zeylanicum, ou vraie cannelle) fait désormais l’objet d’essais randomisés dédiés. Lors d’un essai de 2025 sur le diabète de type 2, un extrait de Ceylan a fait baisser la glycémie à jeun et l’HbA1c sur quatre mois, tout en réduisant l’insulinorésistance (Ranasinghe et al., 2025). Elle est nettement préférable à la cannelle Casse pour un usage quotidien, car la Casse renferme environ cent fois plus de coumarine, un composé hépatotoxique en cas d’ingestion élevée et prolongée (AGES).
Le principal composé bioactif de la cannelle est le cinnamaldéhyde, qui représente 55 à 85 % de l’huile essentielle de son écorce. Une revue de 2026 détaille l’action du cinnamaldéhyde sur plusieurs voies de contrôle de la glycémie, notamment l’activation des récepteurs de l’insuline, la translocation de GLUT4 et l’inhibition de l’alpha-glucosidase, tout en soulignant que sa biodisponibilité dépend de la matrice alimentaire et du mode de préparation de l’épice (Balkrishna et al., 2026).
La cannelle Casse est bon marché et très répandue, mais elle contient de la coumarine, une substance qui peut altérer le foie à fortes doses. L’Autorité européenne de sécurité des aliments a fixé la dose journalière tolérable de coumarine à 0,1 mg par kilogramme de poids corporel. Aux posologies utilisées dans les essais sur les compléments alimentaires (500 à 2 000 mg par jour), la cannelle Casse peut facilement dépasser cette limite. La cannelle de Ceylan (Cinnamomum verum, également appelée C. zeylanicum) ne contient que des traces de coumarine, raison pour laquelle elle est la seule forme recommandée en supplémentation quotidienne.
Une revue parapluie de 2025 portant sur 24 méta-analyses d’essais randomisés a conclu que la cannelle réduit de manière constante la glycémie à jeun, l’HbA1c et plusieurs marqueurs lipidiques chez les personnes atteintes de maladies métaboliques (Gou et al., 2025). Dans un essai randomisé de 2025 centré sur le diabète de type 2, un extrait de cannelle de Ceylan a abaissé la glycémie à jeun et l’HbA1c sur quatre mois tout en atténuant l’insulinorésistance (Ranasinghe et al., 2025). Un second essai mené la même année a montré qu’une dose quotidienne de 1 000 mg d’extrait de Ceylan pendant 12 semaines réduisait la glycémie à jeun, en particulier chez les participants diabétiques de type 2, sans modifier le LDL (Muthukuda et al., 2025).
L’essai de Ranasinghe a suivi 186 personnes atteintes de diabète de type 2 pendant quatre mois. La glycémie à jeun et l’HbA1c ont diminué dans les groupes recevant l’extrait de Ceylan, l’insulinorésistance s’est améliorée et le groupe recevant 500 mg a également vu son cholestérol total et son LDL baisser. Dans une autre étude de 2025, 150 adultes présentant un LDL élevé ont pris 1 000 mg par jour d’extrait de Ceylan pendant 12 semaines. Le LDL n’a pas varié de manière significative, mais la glycémie à jeun a baissé davantage qu’avec le placebo, la diminution la plus marquée étant observée chez les participants atteints de diabète de type 2 (Muthukuda et al., 2025).
L’ensemble de la littérature sur la cannelle converge dans ce sens, avec quelques nuances. Une méta-analyse de 24 essais a constaté des baisses significatives de la glycémie à jeun, du HOMA-IR et de l’HbA1c, mais aucun changement des taux d’insuline (Moridpour et al., 2024). Une méta-analyse antérieure de 16 essais a relevé une baisse de la glycémie à jeun de 0,55 mmol/L et une amélioration du HOMA-IR, sans modification significative de l’HbA1c ni des lipides. Les auteurs ont souligné une forte hétérogénéité entre les études et ont appelé à l’utilisation d’extraits de cannelle standardisés (Deyno et al., 2019).
La question de la coumarine n’est pas théorique, elle est bien pratique. L’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques retient une dose journalière tolérable de 0,1 mg de coumarine par kilo de poids corporel et estime qu’un adulte de 60 kg l’atteint avec environ 2 g de cannelle Casse classique par jour (BfR). De nombreuses gélules de cannelle contiennent de la Casse. Pour un usage quotidien et prolongé, l’étiquette doit impérativement préciser Ceylan, Cinnamomum verum ou Cinnamomum zeylanicum.
Pourquoi leur association est logique sur le papier
La berbérine agit principalement sur la production hépatique de glucose et sur le microbiote intestinal. Les mécanismes proposés pour la cannelle ciblent la signalisation de l’insuline et le ralentissement de la digestion des glucides. Leurs voies d’action étant distinctes, les associer est biologiquement cohérent et présente peu de risque d’interférence négative. L’ampleur d’un éventuel effet de synergie reste toutefois à quantifier.
Cette combinaison a fait l’objet d’un premier essai clinique. Lors d’une étude en double aveugle de 12 semaines, des personnes diabétiques de type 2 prenant 1 200 mg de berbérine et 600 mg de cannelle par jour ont présenté une glycémie à jeun, une HbA1c et un LDL plus bas que le groupe placebo, tandis que le cholestérol total, le HDL, les triglycérides, les mesures corporelles et d’autres marqueurs métaboliques n’ont pas montré de différence (Mansour et al., 2025). Cet essai ne comportant pas de bras recevant la berbérine seule ou la cannelle seule, il ne permet pas d’affirmer que le duo surpasse chaque ingrédient pris séparément.
Pour mieux comprendre, observons leurs points d’impact tout au long du métabolisme du repas. La cannelle interviendrait en amont, au niveau intestinal et sur la réponse cellulaire à l’insuline. La berbérine, elle, régule la quantité de glucose libérée par le foie et agit sur les bactéries du microbiote. Agir simultanément sur plusieurs étapes constitue tout l’intérêt théorique de ce protocole.
Les deux substances influent également sur les lipides sanguins. La berbérine a fait baisser les triglycérides et le LDL dans une synthèse de 46 essais (Guo et al., 2021), et la cannelle sous forme de gélules a réduit le cholestérol total et le LDL dans la méta-analyse de 2025, qui a également noté une baisse de l’IMC (de Moura et al., 2025).
Il convient néanmoins de garder ces effets en perspective. Une baisse de 0,8 mmol/L de la glycémie à jeun grâce à la berbérine et d’environ 15 mg/dL grâce à la cannelle est très intéressante pour une personne en zone limite, mais reste bien inférieure aux résultats obtenus avec des médicaments antidiabétiques. Ce duo vient en appui de l’alimentation, de l’activité physique et, le cas échéant, des traitements prescrits. Il ne s’y substitue en aucun cas.
Comment les associer en pratique
Les deux compléments se prennent généralement au moment des repas. Les deux essais de 2025 sur la variété de Ceylan utilisaient 500 à 1 000 mg par jour d’extrait standardisé. La berbérine est habituellement répartie sur deux ou trois repas ; notre guide de posologie de la berbérine détaille les quantités, et l’article sur le moment idéal pour prendre la berbérine précise les horaires de prise.
La berbérine se prend généralement en doses fractionnées en raison de sa demi-vie courte et parce que les doses uniques élevées risquent davantage de provoquer des troubles digestifs. Un protocole classique consiste à prendre 500 mg deux à trois fois par jour avant les repas, ce qui correspond à la dose de l’essai de Mansour (1 200 mg au total) (Mansour et al., 2025). Fractionner les prises permet aussi d’assurer une régulation glycémique plus stable tout au long de la journée.
Les gélules de cannelle de Ceylan se prennent habituellement une à deux fois par jour en mangeant. Les essais de 2025 sur la cannelle de Ceylan ont employé 500 à 1 000 mg par jour d’extrait standardisé (Ranasinghe et al., 2025) (Muthukuda et al., 2025). Si vous optez pour une formule combinée, vérifiez que l’étiquette mentionne précisément l’espèce de cannelle (Cinnamomum verum ou C. zeylanicum) et indique le dosage distinct de chaque composant. Les produits affichant uniquement un « mélange exclusif » global ne permettent pas de vérifier si les doses sont cliniquement efficaces.
Un protocole de départ cohérent consiste à prendre 500 mg de berbérine au petit-déjeuner et au dîner, associés à 500 mg de cannelle de Ceylan une fois par jour. Au bout de deux semaines, en l’absence d’inconfort digestif, une troisième prise de berbérine peut être ajoutée au déjeuner. Il est conseillé de contrôler sa glycémie à jeun après quatre à six semaines ; si les valeurs n’ont pas évolué, passer la cannelle à 1 000 mg constitue l’étape suivante. Les personnes sous traitement hypoglycémiant ne doivent ajuster leur schéma qu’avec l’accord de leur médecin.
Le moment de la prise par rapport au repas est plus crucial pour la berbérine que pour la cannelle. Prendre la berbérine 20 à 30 minutes avant un repas riche en glucides peut atténuer le pic glycémique postprandial, car l’activation de l’AMPK dans les cellules intestinales diminue l’absorption du glucose, en plus d’optimiser la signalisation de l’insuline par la suite. L’horaire de prise de la cannelle a été moins étudié ; la prendre au cours du même repas s’avère pratique et simplifie la routine.
Prendre la berbérine avec de la nourriture permet de synchroniser son action avec la hausse glycémique consécutive au repas et s’avère généralement plus doux pour l’estomac. Les troubles digestifs (selles molles, crampes abdominales ou constipation) constituent ses effets secondaires les plus fréquents ; débuter par un faible dosage puis l’augmenter progressivement sur environ une semaine permet de les limiter. Consultez notre article sur les effets secondaires de la berbérine pour plus d’informations.
Aucune donnée n’indique qu’il faille séparer les prises dans le temps : les consommer au cours du même repas convient parfaitement. En revanche, la berbérine interagit avec des enzymes hépatiques et des transporteurs impliqués dans l’élimination de nombreux médicaments. Si vous suivez un traitement médical, lisez attentivement notre guide sur les interactions médicamenteuses de la berbérine et demandez conseil à votre pharmacien avant de commencer.
Si vous prenez déjà de la berbérine avec du magnésium, la cannelle s’intègre facilement dans cette routine sans nécessiter de décaler la prise du magnésium.
Contre-indications et précautions d’emploi
Toute personne traitée par insuline, sulfamides hypoglycémiants ou autres antidiabétiques ne doit utiliser cette association que sous surveillance médicale stricte, car la combinaison de plusieurs agents hypoglycémiants peut entraîner une baisse excessive du glucose sanguin. La berbérine est formellement déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement.
La berbérine inhibe plusieurs enzymes du cytochrome P450 et peut élever les concentrations sanguines des médicaments métabolisés par le CYP2D6 et le CYP3A4. Cela concerne certaines statines (simvastatine, atorvastatine), divers antihypertenseurs, des antidépresseurs et des immunosuppresseurs. Toute personne sous traitement sur ordonnance doit vérifier l’absence d’interactions avant d’entamer une supplémentation en berbérine.
La grossesse et l’allaitement constituent des contre-indications à la berbérine : les données animales montrent qu’elle traverse la barrière placentaire et passe dans le lait maternel, et aucun essai d’innocuité n’a été mené chez la femme enceinte. La cannelle de Ceylan aux doses culinaires (une cuillère à café ou moins par jour) est généralement considérée comme sans danger pendant la grossesse, mais les dosages des compléments alimentaires (500 mg ou plus d’extrait concentré) n’ont pas été évalués dans cette population et doivent être évités sans avis médical.
Les personnes souffrant de pathologies hépatiques doivent faire preuve d’une grande prudence avec ces deux ingrédients. La revue parapluie consacrée à la berbérine a confirmé sa sécurité globale auprès de milliers de participants (Li et al., 2023), mais des cas isolés d’élévation des enzymes hépatiques ont été rapportés. La cannelle de Ceylan étant très pauvre en coumarine, son risque d’hépatotoxicité est minime par rapport à celui de la Casse, mais une surveillance reste indiquée.
Dans la méta-analyse de 37 essais, la berbérine n’a pas augmenté significativement le risque d’hypoglycémie, y compris en association avec des antidiabétiques oraux (Xie et al., 2022). Bien que ce résultat soit rassurant, le cadre d’un essai clinique implique un suivi médical étroit ; ajouter deux compléments à de l’insuline ou à un sulfamide à domicile relève d’une situation bien différente.
En raison du potentiel d’interaction de la berbérine, elle ne doit pas être intégrée sans précaution à une ordonnance comportant plusieurs médicaments. Les personnes atteintes de troubles hépatiques doivent également consulter leur médecin au préalable et veiller à utiliser exclusivement la variété de Ceylan pour tout apport régulier. Notre article sur la sécurité de la berbérine à long terme aborde les utilisations prolongées.
Chez les adultes en bonne santé cherchant à réguler une glycémie légèrement élevée sans traitement médicamenteux, les deux ingrédients présentent un profil de tolérance satisfaisant validé par de nombreuses études. Un bon profil général ne signifiant pas une absence totale de risque individuel, la vérification des interactions médicamenteuses demeure essentielle.
Ce que cette association peut accomplir — et ses limites
Chez les personnes présentant une marge de progression, l’association de berbérine et de cannelle de Ceylan peut réduire la glycémie à jeun, améliorer l’insulinorésistance et optimiser modérément le bilan lipidique. Elle ne permet pas de guérir le diabète, ne remplace pas une alimentation adaptée et n’aura que peu d’effet chez les personnes dont la glycémie est déjà normale.
Des attentes réalistes se situent autour d’une baisse de 10 à 20 mg/dL de la glycémie à jeun et d’une réduction de 0,3 à 0,6 point de l’HbA1c sur 8 à 12 semaines, d’après les données regroupées des essais sur chaque ingrédient pris séparément (Xie et al., 2022) (Moridpour et al., 2024). Les lipides sanguins peuvent s’améliorer modérément, en particulier le LDL et les triglycérides (Guo et al., 2021) (de Moura et al., 2025). La perte de poids, si elle survient, reste modeste et découle des améliorations métaboliques (Ilyas et al., 2020).
Ce que cette association ne fera pas : se substituer à l’alimentation et à l’exercice physique, piliers de la gestion glycémique, dispenser de traitement médical la majorité des personnes diabétiques de type 2, ou provoquer une perte de poids visible par sa seule action. La berbérine et la cannelle de Ceylan doivent être envisagées comme des compléments capables d’optimiser une démarche déjà solidement ancrée dans la qualité nutritionnelle, le mouvement et le suivi médical.
Si vous démarrez cette supplémentation, suivez votre glycémie à jeun (à l’aide d’un lecteur d’autosurveillance) et faites doser votre HbA1c au bout de trois mois. Un bilan métabolique complet incluant enzymes hépatiques, lipides et fonction rénale est également pertinent sur cette même période. Si vos valeurs ne s’améliorent pas, vérifiez que l’espèce de cannelle est certifiée, que la dose de berbérine est suffisante et qu’aucun trouble digestif ne vient freiner l’absorption. Si la glycémie chute plus rapidement que prévu, échangez avec votre médecin pour ajuster vos traitements prescrits plutôt que de les interrompre de votre propre initiative.
Les variations de poids rapportées dans ces essais sont restées faibles et faisaient suite aux améliorations métaboliques plutôt qu’elles ne les précédaient. Les essais sur la berbérine ont mis en évidence une légère diminution de l’IMC (Guo et al., 2021), tout comme la méta-analyse sur la cannelle (de Moura et al., 2025). Le déficit calorique reste le moteur premier de la perte de masse grasse.
Le profil idéal correspond à une personne affichant une glycémie à jeun limite comprise entre 100 et 125 mg/dL, une insulinorésistance débutante ou des critères du syndrome métabolique, et qui a déjà entrepris des modifications de son mode de vie. Pour explorer d’autres approches naturelles ciblant la glycémie après les repas, consultez notre guide pour faire baisser naturellement la glycémie après les repas.
Peut-on prendre la berbérine et la cannelle de Ceylan en même temps ?
Oui. Il n’existe aucune interaction négative connue entre elles, et toutes deux peuvent être prises au cours du même repas. Le point essentiel de vigilance concerne leur effet hypoglycémiant cumulé si vous prenez simultanément des antidiabétiques.
Combien de temps faut-il pour observer des résultats avec la berbérine et la cannelle ?
Les essais cliniques s’étendent généralement sur 12 semaines à quatre mois. Il est préférable de contrôler sa glycémie à jeun ou son HbA1c après environ trois mois de prise régulière, plutôt que de se fier à ses impressions au cours des premières semaines.
La cannelle de Ceylan est-elle vraiment supérieure à la cannelle classique ?
Pour un usage quotidien, oui. La cannelle Casse, que l’on trouve habituellement en supermarché, renferme environ cent fois plus de coumarine que celle de Ceylan. Les autorités sanitaires allemandes estiment qu’un adulte de 60 kg atteint la dose journalière tolérable en coumarine avec seulement 2 g de Casse par jour. La cannelle de Ceylan élimine ce risque.
Vaut-il mieux acheter un complexe combinant berbérine et cannelle ou les prendre séparément ?
Les deux options conviennent si l’étiquetage est précis. Assurez-vous que le produit combiné précise bien l’espèce botanique de cannelle (Ceylan, Cinnamomum verum ou Cinnamomum zeylanicum) et indique clairement la quantité de chaque ingrédient, sans se limiter au poids total d’un mélange. Si ce n’est pas le cas, acheter deux produits distincts permet d’ajuster chaque dosage et de s’assurer de l’authenticité de la cannelle de Ceylan.
Quelle quantité de cannelle de Ceylan associer à la berbérine ?
Un seul essai a testé une formulation conjointe : 1 200 mg de berbérine associés à 600 mg de cannelle par jour, en prises fractionnées, pendant 12 semaines chez des personnes diabétiques de type 2 (Mansour et al., 2025). Le résumé de l’étude ne précise pas l’espèce de cannelle utilisée. Pris isolément, les extraits standardisés de Ceylan ont été étudiés en 2025 à des doses de 500 à 1 000 mg par jour. Pour la berbérine, référez-vous à notre guide de posologie de la berbérine, et demandez impérativement l’avis de votre médecin si vous suivez un traitement antidiabétique.
Cette association favorise-t-elle la perte de poids ?
De façon très modeste, et uniquement dans le cadre d’un déficit calorique. Les essais sur la berbérine et la cannelle ont rapporté de légères baisses de l’IMC chez des patients diabétiques de type 2, consécutives à l’amélioration de la glycémie et de la sensibilité à l’insuline. Aucun de ces deux composés n’agit comme un brûleur de graisses direct.
Sources
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