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Guide du gingembre noir (Kaempferia parviflora) : bienfaits, posologie et données cliniques (2026)

Rédigé par Tao Wu,Fondateur Publié Mis à jour Lecture de 23 min Politique éditoriale
Guide du gingembre noir (Kaempferia parviflora) : bienfaits, posologie et données cliniques (2026)

⚡ RÉPONSE RAPIDE

Le gingembre noir (Kaempferia parviflora) est un rhizome médicinal thaïlandais riche en méthoxyflavones. Lors d’un essai randomisé en double aveugle mené en 2025 auprès d’adultes coréens en surpoids, la prise d’un extrait de gingembre noir (SIRTMAX®) pendant 12 semaines a réduit la masse grasse corporelle, le poids et l’IMC par rapport au placebo (Sung et al., 2025). Une méta-analyse d’études animales et humaines publiée en 2024 a également mis en évidence une diminution de la glycémie à jeun ainsi qu’une amélioration de la fonction sexuelle et des performances physiques (Na Takuathung et al., 2024). Les essais cliniques chez l’humain étant de petite taille et de courte durée, ces données demeurent prometteuses mais demandent confirmation.

✅ POINTS CLÉS

Le gingembre noir appartient à la famille des Zingibéracées et possède une longue tradition dans la médecine populaire thaïlandaise comme tonique pour l’énergie et la vitalité masculine (Temkitthawon et al., 2011). Ses principaux composés actifs sont des méthoxyflavones, comme la 5,7-diméthoxyflavone, qui présentent une faible biodisponibilité orale. Des essais contrôlés contre placebo de 12 semaines ont observé une réduction de la graisse abdominale ou corporelle totale à 150 mg/jour et avec l’extrait SIRTMAX®, une meilleure force de préhension chez des footballeurs à 180 mg/jour, ainsi qu’un gain de force et de VO2max chez des étudiants athlètes à 360 mg/jour. Des études à dose unique montrent une augmentation à court terme de la dépense énergétique ou de l’oxydation des graisses. Les travaux in vitro indiquent une faible inhibition de la PDE5, une signalisation cGMP-monoxyde d’azote et une amélioration de la fonction mitochondriale, bien que l’explication mécanistique repose encore en grande partie sur la recherche cellulaire et animale.

Qu’est-ce que le gingembre noir ?

Kaempferia parviflora Wall. ex Baker, couramment appelé gingembre noir ou ginseng thaïlandais (krachai dum en thaï), est une plante herbacée vivace de la famille des Zingibéracées originaire de Thaïlande et des régions voisines. Le rhizome présente une couleur pourpre-noir foncé caractéristique à l’intérieur, ce qui le distingue du gingembre classique et du curcuma.

Le gingembre noir est traditionnellement employé en médecine thaïlandaise comme tonique pour l’endurance et la vitalité masculine ; les chercheurs étudiant ses composés inhibiteurs de la PDE5 le décrivent comme une plante traditionnellement utilisée pour stimuler les performances sexuelles (Temkitthawon et al., 2011).

Le profil phytochimique de la plante est dominé par les méthoxyflavones, des flavonoïdes porteurs de groupements méthoxy sur leur structure centrale. Parmi les molécules principales figurent la 5,7-diméthoxyflavone, la 5,7,4′-triméthoxyflavone et la 3,5,7,3′,4′-pentaméthoxyflavone. Une revue de 2018 a associé ces composés à une meilleure fonction mitochondriale et à l’activation de la voie cGMP-monoxyde d’azote, tout en soulignant que leur faible biodisponibilité orale pouvait limiter leur usage clinique (Chen et al., 2018).

En supplémentation, il se présente le plus souvent sous la forme d’un extrait standardisé de rhizome séché obtenu à l’éthanol ou à l’acétate d’éthyle, titré en polyméthoxyflavones. Les produits du commerce apportent généralement 100 à 200 mg d’extrait par portion.

Comment fonctionne le gingembre noir ?

Plusieurs mécanismes d’action sont avancés. Des synthèses scientifiques associent les méthoxyflavones du gingembre noir à une amélioration de la fonction mitochondriale et à la voie cGMP-monoxyde d’azote, impliquée dans la vasodilatation (Chen et al., 2018). Sa principale méthoxyflavone, la 5,7-diméthoxyflavone, exerce une faible inhibition de la PDE5 in vitro (Temkitthawon et al., 2011). Les voies de régulation énergétique comme l’AMPK et SIRT1 sont également fréquemment évoquées, bien que ces données proviennent d’études cellulaires et animales.

Black Ginger: Three Core Pathways AMPK–PGC-1α ↑ Mitochondria ↑ Fat oxidation Nrf2 / NF-κB ↑ Antioxidant enzymes ↓ Inflammation PDE5 / eNOS ↑ Blood flow ↑ Vasodilation → VO2max ↑ → Visceral fat ↓ → Triglycerides ↓ → SOD, catalase ↑ → MDA ↓ → TNF-α, IL-6 ↓ → Cardiovascular ↑ → Male vitality ↑ → BP regulation Active compounds: Polymethoxyflavones (5,7-DMF, TMF, PMF) yourhealthier.com

L’AMPK (protéine kinase activée par l’AMP) constitue le principal capteur d’énergie cellulaire. Lorsque les réserves énergétiques diminuent, elle stimule l’oxydation des lipides et du glucose tout en freinant le stockage des graisses. L’activation de cette voie est l’une des hypothèses majeures pour expliquer les effets métaboliques du gingembre noir, ce qui lui vaut parfois le qualificatif de mimétique de l’exercice, bien que cette action n’ait pas été vérifiée directement chez l’humain.

Sur le tissu adipeux, les résultats les plus précis proviennent de modèles murins. Chez des souris soumises à un régime riche en graisses, l’extrait de gingembre noir a réduit le poids corporel, la masse grasse, la taille des adipocytes ainsi que la glycémie, les triglycérides et le cholestérol sanguin ; il a diminué l’expression des gènes de la lipogenèse et augmenté celle d’enzymes lipolytiques comme la carnitine palmitoyltransférase 1 et la lipase hormono-sensible (Lee et al., 2023).

Données cliniques : performances physiques

Deux essais contrôlés contre placebo de 12 semaines chez de jeunes sportifs montrent des résultats mitigés mais encourageants. Chez des footballeurs, 180 mg/jour ont amélioré la force de préhension manuelle, sans effet sur la vitesse de sprint, la force des jambes, la souplesse ou l’endurance cardiorespiratoire (Promthep et al., 2015). Chez 194 étudiants athlètes masculins, 360 mg/jour ont amélioré la force de préhension et du dos/jambes, la VO2max et le temps au sprint de 50 mètres, mais sans modification de la souplesse ni du test technique de 40 yards (Sripanidkulchai et al., 2022).

Une méta-analyse en réseau publiée en 2025 portant sur les compléments alimentaires chez les footballeurs a confirmé de manière indépendante un effet modeste mais significatif de Kaempferia parviflora sur la force musculaire (différence moyenne standardisée de 0,46), le plaçant aux côtés de la caféine et de la créatine parmi les suppléments appuyés par des données probantes pour certains critères de performance dans cette population (Luo et al., 2025).

La posologie la plus élevée a entraîné des effets plus étendus. L’essai mené auprès de footballeurs à 180 mg/jour évaluait six tests d’aptitude physique toutes les quatre semaines et n’a constaté de progrès que sur la force de préhension (Promthep et al., 2015). L’étude à 360 mg/jour a également observé des variations de la variabilité de la fréquence cardiaque, interprétées par les auteurs comme une réduction du stress imposé au système nerveux autonome (Sripanidkulchai et al., 2022).

Le mode d’action précis reste à éclaircir. Une amélioration de l’activité mitochondriale est l’explication couramment retenue sur la base des données de laboratoire (Chen et al., 2018), mais aucune de ces études n’a mesuré directement les mitochondries musculaires chez les participants.

Les études à dose unique vont dans le même sens. Chez des hommes en bonne santé, une prise unique d’extrait de gingembre noir a augmenté la dépense énergétique globale, avec un pic de hausse de 229 kJ/jour à 60 minutes, la réponse étant plus marquée chez les sujets présentant un tissu adipeux brun plus actif (Matsushita et al., 2015). Dans une étude croisée de 2025, une dose de 100 mg n’a montré aucun effet, tandis qu’une dose de 200 mg a laissé la dépense énergétique de repos inchangée mais a diminué le quotient respiratoire à 2 et 3 heures, signe d’une plus forte utilisation des lipides (Evans et al., 2025).

Données cliniques : perte de graisse et composition corporelle

Deux essais contrôlés contre placebo de 12 semaines ont mis en évidence une diminution de la masse grasse. Chez des adultes coréens en surpoids, l’extrait SIRTMAX® a réduit la masse grasse, le poids et l’IMC, ainsi que la surface de graisse totale, sous-cutanée et viscérale mesurée par tomodensitométrie (Sung et al., 2025). Chez des adultes japonais en surpoids et pré-obèses, une dose de 150 mg/jour a réduit la graisse viscérale, sous-cutanée et abdominale totale, tout en abaissant les triglycérides (Yoshino et al., 2018).

L’essai sur le SIRTMAX® a inclus 108 adultes et analysé les données de 83 participants. Ses critères d’évaluation principaux étaient la masse grasse et le pourcentage de graisse corporelle mesurés par absorptiométrie biphotonique à rayons X (DEXA). Au terme des 12 semaines, la masse grasse, le poids corporel et l’IMC avaient diminué davantage que sous placebo, et l’imagerie tomodensitométrique (scanner) a montré des diminutions comparables des surfaces de graisse totale, sous-cutanée et viscérale, bien que le tour de taille et le tour de hanches n’aient pas présenté de différence significative (Sung et al., 2025).

L’étude japonaise antérieure avait recruté 76 adultes ayant un IMC compris entre 24 et moins de 30 et avait eu recours au scanner abdominal, méthode de référence pour quantifier la graisse viscérale. Une gélule de 150 mg par jour pendant 12 semaines a réduit la graisse abdominale viscérale, sous-cutanée et totale et diminué les triglycérides par rapport au placebo, sans aucun effet indésirable ni anomalie biologique (Yoshino et al., 2018).

Propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires

Les données relatives aux effets antioxydants et anti-inflammatoires proviennent de modèles cellulaires et animaux, et non d’essais cliniques chez l’humain. Sur des cellules cutanées et sur la peau de souris, l’extrait de gingembre noir a diminué l’expression de la COX-2 induite par les UV grâce à une activité antioxydante (Lee et al., 2018), et dans un modèle d’arthrite chez le rat, il a réduit les lésions articulaires tout en inhibant les voies NF-κB et MAPK (Ongchai et al., 2021).

Ces constatations corroborent l’usage traditionnel du gingembre noir contre l’inflammation, mais elles ne démontrent pas qu’une gélule modifie les taux d’enzymes antioxydantes chez l’humain. Aucun essai clinique publié n’a évalué ce paramètre à ce jour.

Dans l’étude sur l’arthrite chez le rat, les trois principales méthoxyflavones de la plante ont reproduit la majeure partie des effets de l’extrait sur les gènes inflammatoires articulaires, ce qui suggère qu’elles sont les principales responsables de cette activité biologique (Ongchai et al., 2021).

Posologie, sécurité et conseils d’utilisation

Les essais cliniques ont employé des doses de 150 à 360 mg/jour d’extrait standardisé sur une période de 12 semaines (Yoshino et al., 2018) (Sripanidkulchai et al., 2022), sans signaler de problème de tolérance sur les bilans sanguins. Il est recommandé de le prendre au cours d’un repas, les méthoxyflavones étant faiblement absorbées (Chen et al., 2018).

150 mg/jour : posologie ayant réduit la graisse abdominale dans l’essai clinique japonais de 12 semaines (Yoshino et al., 2018).

180 mg/jour : dose évaluée chez les footballeurs, ayant amélioré la force de préhension (Promthep et al., 2015).

360 mg/jour : dose testée chez les étudiants athlètes, ayant amélioré la force, la VO2max et le temps de sprint (Sripanidkulchai et al., 2022).

Les essais de 12 semaines n’ont rapporté aucun événement indésirable imputable à l’extrait et ont montré des bilans hépatiques, rénaux et hématologiques normaux (Yoshino et al., 2018) (Sripanidkulchai et al., 2022). L’essai sur le SIRTMAX® a également conclu à l’innocuité de son extrait (Sung et al., 2025). Les données de sécurité à plus long terme font toutefois défaut chez l’humain.

Prendre le gingembre noir au cours d’un repas constitue une précaution logique. Ses méthoxyflavones présentent une faible absorption digestive (Chen et al., 2018), et aucune étude clinique n’a comparé formellement la prise à jeun par rapport à une prise alimentaire.

Les interactions médicamenteuses n’ont pas fait l’objet d’études spécifiques chez l’humain. Dans la mesure où la méta-analyse de 2024 a mis en évidence une diminution de la glycémie à jeun (Na Takuathung et al., 2024), les personnes sous traitement hypoglycémiant doivent surveiller attentivement leur glycémie. De plus, les méthoxyflavones inhibant la PDE5 in vitro (Temkitthawon et al., 2011), toute personne sous traitement par inhibiteur de la PDE5 ou dérivés nitrés doit préalablement demander un avis médical.

Gingembre noir chez l’homme : santé sexuelle et testostérone

Les données cliniques humaines sont limitées. Dans une étude pilote ouverte, 13 hommes en bonne santé âgés de 50 à 68 ans présentant une dysfonction érectile légère ont pris 100 mg/jour pendant 30 jours et ont rapporté une amélioration de leur fonction érectile et de leur satisfaction lors des rapports (Stein et al., 2018). Une méta-analyse de 2024 regroupant études animales et humaines a également conclu à une amélioration de la fonction sexuelle (Na Takuathung et al., 2024). In vitro, les méthoxyflavones de la plante se comportent comme de faibles inhibiteurs de la PDE5 (Temkitthawon et al., 2011).

Dans la médecine traditionnelle thaïlandaise, le krachai dum est avant tout réputé comme tonique de la vitalité masculine. La recherche commence seulement à évaluer cette réputation, la majeure partie des données étant d’ordre préclinique.

Le principal mécanisme évoqué repose sur l’inhibition de la PDE5. Cette enzyme dégrade la GMP cyclique, une molécule de signalisation qui favorise le relâchement des muscles lisses vasculaires. Lors d’un criblage portant sur 41 extraits végétaux, le gingembre noir faisait partie des quatre ayant inhibé la PDE5, sa molécule la plus active, la 5,7-diméthoxyflavone, affichant une CI50 d’environ 10,6 µM, ce qui en fait un inhibiteur de faible affinité (Temkitthawon et al., 2011).

L’étude de Stein ne comportant pas de groupe placebo, l’effet d’attente ne peut être exclu, et les auteurs ont souligné que l’ampleur des effets restait inférieure à celle des traitements pharmacologiques de référence (Stein et al., 2018). Des essais contrôlés contre placebo sont indispensables avant de pouvoir tirer des conclusions solides.

Le gingembre noir ne saurait se substituer à une prise en charge médicale des troubles de l’érection. Les hommes présentant des difficultés sexuelles persistantes doivent consulter un professionnel de santé plutôt que de s’en remettre à des compléments de phytothérapie. En tant que tonique traditionnel disposant de certains arguments mécanistiques, le gingembre noir peut s’intégrer dans une démarche globale d’optimisation de l’hygiène de vie.

Si vous choisissez d’en consommer, associez cette supplémentation à une activité physique régulière plutôt que de l’utiliser comme substitut. L’essai mené à 360 mg/jour chez des étudiants athlètes a montré des gains de VO2max et de variabilité de la fréquence cardiaque en parallèle d’un entraînement (Sripanidkulchai et al., 2022), mais l’absence de groupe s’entraînant sans complément ne permet pas d’isoler l’apport exact de la plante par rapport à l’exercice seul. Un mode de vie actif reste la seule intervention dont l’efficacité est formellement démontrée sur la composition corporelle, la condition cardiovasculaire et la santé métabolique.

Gingembre noir et fonctions cognitives

L’ensemble des données sur la cognition est pour l’instant préclinique. Dans une étude de 2025, l’extrait de gingembre noir et ses méthoxyflavones ont inhibé les cholinestérases, bloqué l’agrégation du peptide bêta-amyloïde et protégé des cellules neuronales in vitro ; l’extrait a par ailleurs amélioré la mémoire chez des souris recevant de la scopolamine (Takomthong et al., 2025). Aucun essai clinique évaluant les fonctions cognitives n’a encore été publié chez l’humain.

L’étude publiée dans PLOS ONE en 2025 s’est intéressée à cinq méthoxyflavones. La 5,7-diméthoxyflavone était la plus abondante, tandis que la 5,7,4′-triméthoxyflavone cumulait des activités anticholinestérasique et anti-amyloïde, apparaissant comme le composé multi-cibles le plus intéressant. L’extrait a également corrigé les déficits de mémoire induits par la scopolamine chez la souris (Takomthong et al., 2025).

Bien que ces données précliniques soient prometteuses, aucun essai clinique n’a évalué directement le gingembre noir sur des critères cognitifs chez l’humain. Les études portant sur les performances sportives et le métabolisme apportent un soutien indirect — l’amélioration de la condition cardiovasculaire et métabolique étant généralement corrélée à de meilleures facultés cognitives —, mais des études cliniques ciblées restent indispensables. Il s’agit là d’une lacune notable de la recherche au regard des signaux précliniques observés.

Gingembre noir, gingembre classique et curcuma : quelles différences ?

Le gingembre noir, le gingembre commun et le curcuma appartiennent à la même famille botanique mais ne partagent pas les mêmes principes actifs. Les méthoxyflavones du gingembre noir sont principalement étudiées pour la masse grasse et les performances physiques, les gingérols du gingembre classique pour les nausées et l’inflammation, et la curcumine du curcuma pour ses effets anti-inflammatoires. Tous trois présentent une faible absorption sous leur forme brute.

Gingembre noir (Kaempferia parviflora) : composés actifs dominés par les méthoxyflavones. Mécanismes proposés : soutien mitochondrial, signalisation cGMP-monoxyde d’azote et faible inhibition de la PDE5. Meilleures données chez l’humain : réduction de la graisse corporelle et amélioration de certains paramètres de force. Biodisponibilité orale : faible (Chen et al., 2018).

Gingembre classique (Zingiber officinale) : composés actifs dominés par les gingérols et shogaols. Mécanismes principaux : antagonisme des récepteurs sérotoninergiques (action antinauséeuse), inhibition de la COX-2 (anti-inflammatoire), thermogenèse. Meilleures données d’efficacité : nausées (grossesse, chimiothérapie, mal des transports), douleurs liées à l’arthrose, confort digestif. Biodisponibilité : modérée ; la cuisson transforme les gingérols en shogaols, à la puissance différente.

Curcuma (Curcuma longa) : composé actif principal représenté par la curcumine. Mécanismes principaux : inhibition du NF-κB, inhibition de la COX-2, activation de Nrf2. Meilleures données d’efficacité : affections inflammatoires (arthrite, MICI), prise en charge de la douleur, réduction du stress oxydatif. Biodisponibilité : particulièrement faible ; nécessite l’ajout de pipérine ou une formulation lipidique pour une absorption significative.

Ces trois plantes sont complémentaires et ne s’excluent pas. Une personne prenant du gingembre noir pour ses bienfaits métaboliques ou sportifs peut tout à fait consommer du gingembre pour le confort digestif et du curcuma en soutien anti-inflammatoire. Leurs familles de principes actifs (PMF, gingérols, curcuminoïdes) sont distinctes sur le plan structural et agissent par des voies largement indépendantes ; aucune interaction indésirable notable n’est donc attendue aux posologies habituelles.

Comment choisir un complément de gingembre noir ?

Privilégiez un extrait mentionnant explicitement sa teneur en méthoxyflavones, idéalement soutenu par des données cliniques publiées, comme l’extrait SIRTMAX® utilisé dans l’essai coréen de 2025 (Sung et al., 2025). Une simple poudre brute de rhizome non standardisée ne garantit pas l’apport en substances actives.

L’un des défis majeurs du gingembre noir réside dans sa biodisponibilité. Une étude pharmacotechnique de 2013 a montré que ses principales méthoxyflavones, dont la 5,7-diméthoxyflavone, étaient mal absorbées par voie orale sous forme brute, et a évalué des systèmes d’émulsion auto-émulsifiants (SMEDDS) et des nanocapsules pour accroître leur absorption (Mekjaruskul et al., 2013). Même s’il est difficile pour le consommateur de vérifier la technologie galénique utilisée, les essais cliniques ayant démontré des bénéfices ont employé des extraits concentrés à l’éthanol ou à l’acétate d’éthyle, et non de la simple poudre de plante ; choisir un extrait standardisé permet déjà d’optimiser l’assimilation. Prendre la gélule au cours d’un repas contenant des matières grasses est une mesure simple pour faciliter l’absorption de ces molécules lipophiles (Chen et al., 2018).

Pour choisir un complément de gingembre noir de qualité, plusieurs critères permettent de distinguer les produits rigoureusement formulés :

La standardisation : l’élément le plus important sur l’étiquette. Une mention indiquant uniquement « extrait de Kaempferia parviflora 150 mg » sans précision sur la concentration en méthoxyflavones ne garantit pas que les principes actifs atteignent les niveaux utilisés dans les essais cliniques.

Le procédé d’extraction : les essais chez l’humain ont utilisé des extraits concentrés et non de la poudre de rhizome brute ; une simple infusion n’offrira donc pas les mêmes résultats.

Les analyses par des tiers : comme pour tout complément, recherchez des produits contrôlés par des laboratoires indépendants vérifiant l’identité botanique, le dosage, l’absence de métaux lourds et la pureté microbiologique. Les certifications délivrées par des organismes comme NSF International, l’USP ou ConsumerLab offrent un gage de transparence supplémentaire.

Le dosage par portion : assurez-vous que le produit apporte entre 150 et 360 mg d’extrait par jour, ce qui correspond à la fourchette évaluée dans les études cliniques, et évitez les mélanges propriétaires qui masquent la quantité exacte de gingembre noir.

Gingembre noir et santé cardiovasculaire

Il n’existe pas d’études évaluant directement les événements cardiovasculaires majeurs. Les données humaines disponibles portent sur des paramètres métaboliques : une baisse des triglycérides dans l’essai japonais de 12 semaines (Yoshino et al., 2018) et une diminution de la glycémie à jeun mise en évidence par une méta-analyse en 2024 (Na Takuathung et al., 2024). Les études in vitro suggèrent de possibles effets vasculaires via la voie cGMP-monoxyde d’azote et une faible inhibition de la PDE5 (Chen et al., 2018).

Les taux de triglycérides ont diminué après la prise de 150 mg/jour pendant 12 semaines chez des adultes japonais en surpoids (Yoshino et al., 2018). En regroupant les données animales et humaines, la méta-analyse de 2024 a mis en évidence une baisse de la glycémie à jeun, avec une différence moyenne standardisée de −0,51 dans les études humaines (Na Takuathung et al., 2024). Bien qu’il s’agisse de facteurs de risque cardiovasculaire reconnus, aucun essai clinique n’a mesuré l’incidence des infarctus du myocarde ou des AVC.

La PDE5 est également présente dans la paroi des vaisseaux sanguins, et les inhibiteurs pharmacologiques de cette enzyme sont employés dans certaines pathologies vasculaires pulmonaires ou cardiaques. Les méthoxyflavones du gingembre noir étant des inhibiteurs de faible affinité (Temkitthawon et al., 2011), tout retentissement hémodynamique chez l’humain reste à ce jour purement hypothétique.

Gingembre noir et lutte contre le vieillissement : la voie SIRT1

SIRT1 est une enzyme impliquée dans les mécanismes de longévité, et la dénomination commerciale SIRTMAX® reflète cet intérêt scientifique. Les données montrant que le gingembre noir active SIRT1 proviennent d’études in vitro, et aucun essai chez l’humain n’a mesuré de biomarqueurs du vieillissement comme les horloges épigénétiques après sa prise.

Les hypothèses entourant le gingembre noir et le vieillissement reposent sur des extrapolations mécanistiques et sur les résultats observés lors des essais métaboliques et sportifs, et non sur des études cliniques directes de longévité. Aucun essai clinique n’a mesuré de biomarqueurs du vieillissement (horloges épigénétiques, longueur des télomères, marqueurs de sénescence cellulaire) en réponse à une supplémentation. Bien que cette plante suscite de l’intérêt dans le champ de la longévité, les allégations anti-âge se situent encore au stade de « pistes biologiquement plausibles mais non confirmées cliniquement ».

Quels sont les bienfaits du gingembre noir ?

Les preuves cliniques les plus solides concernent la diminution de la masse grasse : deux essais contrôlés contre placebo de 12 semaines ont observé une réduction de la graisse abdominale ou corporelle totale (Yoshino et al., 2018) (Sung et al., 2025). Deux études chez des sportifs ont noté des gains sur certains paramètres de force musculaire, et l’une d’elles a mis en évidence une amélioration de la VO2max à la dose de 360 mg/jour (Sripanidkulchai et al., 2022).

Le gingembre noir est-il identique au gingembre ordinaire ?

Non. Le gingembre noir (Kaempferia parviflora) est une espèce différente du gingembre classique (Zingiber officinale). Bien qu’appartenant tous deux à la famille des Zingibéracées, ils ne renferment pas les mêmes molécules actives et n’ont pas les mêmes applications thérapeutiques. Le gingembre commun est riche en gingérols et shogaols, principalement étudiés contre les nausées et l’inflammation. Le gingembre noir est riche en polyméthoxyflavones et fait l’objet de recherches pour ses propriétés métaboliques, sportives et ses effets sur la composition corporelle.

Au bout de combien de temps le gingembre noir agit-il ?

Une dose unique a augmenté la dépense énergétique en l’espace d’une heure dans une étude (Matsushita et al., 2015) et a favorisé l’utilisation des lipides au bout de deux à trois heures dans une autre (Evans et al., 2025). Les modifications de la composition corporelle et des performances physiques ont été évaluées après 12 semaines de prise quotidienne continue.

Le gingembre noir présente-t-il des risques ?

Les essais cliniques menés à des doses de 150 à 360 mg/jour pendant 12 semaines n’ont rapporté aucun événement indésirable lié à l’extrait et ont montré des bilans sanguins normaux (Yoshino et al., 2018) (Sripanidkulchai et al., 2022). Les données de sécurité à long terme ne sont pas disponibles. Les personnes traitées par antidiabétiques, inhibiteurs de la PDE5 ou dérivés nitrés doivent impérativement consulter leur médecin avant d’en consommer.

Sources

  1. Temkitthawon P, Hinds TR, Beavo JA, et al. Kaempferia parviflora, a plant used in traditional medicine to enhance sexual performance contains large amounts of low affinity PDE5 inhibitors. J Ethnopharmacol. 2011;137(3):1437-41. PMID: 21884777
  2. Mekjaruskul C, Yang Y, Leed MGD, et al. Novel formulation strategies for enhancing oral delivery of methoxyflavones in Kaempferia parviflora by SMEDDS or complexation with 2-hydroxypropyl-β-cyclodextrin. Int J Pharm. 2013;445(1-2):1-11. PMID: 23376503
  3. Promthep K, Eungpinichpong W, Sripanidkulchai B, et al. Effect of Kaempferia parviflora Extract on Physical Fitness of Soccer Players: A Randomized Double-Blind Placebo-Controlled Trial. Med Sci Monit Basic Res. 2015;21:100-8. PMID: 25957542
  4. Matsushita M, Yoneshiro T, Aita S, et al. Kaempferia parviflora extract increases whole-body energy expenditure in humans: roles of brown adipose tissue. J Nutr Sci Vitaminol (Tokyo). 2015;61(1):79-83. PMID: 25994142
  5. Chen D, Li H, Li W, et al. Kaempferia parviflora and Its Methoxyflavones: Chemistry and Biological Activities. Evid Based Complement Alternat Med. 2018;2018:4057456. PMID: 30643531
  6. Yoshino S, Awa R, Miyake Y, et al. Daily intake of Kaempferia parviflora extract decreases abdominal fat in overweight and preobese subjects: a randomized, double-blind, placebo-controlled clinical study. Diabetes Metab Syndr Obes. 2018;11:447-458. PMID: 30214264
  7. Lee M, Han A, Jang M, et al. Antiskin Inflammatory Activity of Black Ginger (Kaempferia parviflora) through Antioxidative Activity. Oxid Med Cell Longev. 2018;2018:5967150. PMID: 29849904
  8. Stein RA, Schmid K, Bolivar J, et al. Kaempferia parviflora ethanol extract improves self-assessed sexual health in men: a pilot study. J Integr Med. 2018;16(4):249-254. PMID: 29880257
  9. Ongchai S, Chiranthanut N, Tangyuenyong S, et al. Kaempferia parviflora Extract Alleviated Rat Arthritis, Exerted Chondroprotective Properties In Vitro, and Reduced Expression of Genes Associated with Inflammatory Arthritis. Molecules. 2021;26(6). PMID: 33799537
  10. Sripanidkulchai B, Promthep K, Tuntiyasawasdikul S, et al. Supplementation of Kaempferia parviflora Extract Enhances Physical Fitness and Modulates Parameters of Heart Rate Variability in Adolescent Student-Athletes: A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Clinical Study. J Diet Suppl. 2022;19(2):149-167. PMID: 33272042
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